La pratique

L'équipement

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Pratiquant habillé et en armure


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Tenugui


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Zekken


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Bokken


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Shinaï


Le premier équipement est l’habillement qui est composé de différents éléments :

  • Le keiko-gi ou kendo-gi (剣道着/稽古着) : le haut de la tenue, appelée à tort kimono, se présente sous la forme d’une veste épaisse.

  • Le hakama (袴) : le pantalon très large qui permet de masquer les mouvements des pieds.



  • Le deuxième est l’armure (bogu, ce terme désigne l’ensemble des protections utilisées):

  • men (面) : protection du visage, du crâne, de la gorge et des épaules.

  • kote (甲手) : protection des mains, des poignets et des avant-bras.

  • do (胴) : protection du torse et du ventre.

  • tare (垂れ) : protection de la ceinture et des cuisses.



  • Ces 4 protections sont complétées par le port :

  • d’un tenugui ( 手ぬぐい) : fine serviette en coton qui recouvre la tête.

  • d’un zekken / nakuburo ( ゼッケン/名袋) : poche en tissu placée sur le tare sur laquelle est écrite le nom du kenshi (pratiquant du kendo) ainsi que d’autres informations (dojo d’appartenance, ville, drapeau national…).



  • Le dernier élément de l’équipement est le sabre :

  • bokuto / bokken (木刀/木剣) : sabre en bois de la forme d’un katana, à l’époque il était utilisé pour les entraînements aujourd’hui il ne sert qu'à la pratique des katas.

  • shinaï (竹刀) : sabre composé de quatre lattes de bambou (ou de matériaux synthétiques comme des fibres de carbone) maintenues par des pièces de cuir.

L'étiquette

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Pratiquants en position de salut


L'étiquette est une notion importante dans la pratique du kendo : le kendo commence et se termine par un salut. Les saluts (en début et fin de cours, en début et fin de combat), la façon de s'aligner dans le dojo, la manière de s'équiper, de tenir le shinaï hors combat etc, font l'objet d'un ensemble de conventions dont l'origine remonte à l'époque des samouraïs et dont le détail peut quelquefois varier selon les professeurs et les dojos. L'étiquette exprime le respect et la gratitude envers les autres pratiquants et les professeurs, mais aussi envers le dojo et le matériel.

Les notions fondamentales

Le Ki ken tai no itchi (気剣体の一致, l'esprit, le sabre et le corps en un) est la notion fondamentale du kendo, il représente l'unité entre : l'énergie (ki), qui désigne la détermination dans l'assaut. Le ki se manifeste par le kiaï, le cri que pousse le combattant lorsqu'il porte une attaque le sabre (ken), qui représente le coup porté. Celui-ci doit être délivré avec la partie valable du shinaï (datotsu-bu) correctement orienté (le "tranchant" du shinaï doit "couper" la partie touchée) sur une partie valable (datotsu-bui) de l'armure de l'adversaire, le corps (taï) qui désigne l'engagement du corps représenté par une frappe du pied avant au sol qui doit être exécutée dans le même temps que la coupe et le kiaï. Le Kiaï est un cri obtenu par une forte expiration ventrale. Il permet de libérer les efforts au moment de l'assaut.

Les katas

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Pratiquants en plein kata


Les katas (aussi appelés kendo no kata ou nihon kendo kata) sont des enchaînements précis de techniques sous une forme codifiée, synthèse de différentes écoles anciennes. Ils se composent de dix séquences codifiées de combat entre deux partenaires (appelés uchitachi et shitachi), sept avec le bokken ou bokuto (sabre long) et trois pour lesquels shitachi utilise un kodachi (sabre court). Dans la réalisation des Kata, l'un des partenaires joue le rôle d'attaquant (uchitachi) et l'autre conclut l'action (shitachi). L'objectif du kata est l'exécution fluide sans faille des techniques et l'accent est mis sur la qualité et l'authenticité de l'exécution. Contrairement aux combats, les coups ne sont pas systématiquement accompagnés d'un kiaï, mais le dernier coup est traditionnellement accompagné de « Ya ! » (uchidachi) et de « To ! » (shidachi).

Les gardes

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Pratiquant en Kamae


  • Garde fondamentale (Chudan no Kamae), garde la plus répandue : le shinaï est tenu à deux mains (la main droite près de la garde et la main gauche à l’extrémité de la poignée) par les deux combattants. Le shinaï pointe vers la gorge ou l’œil gauche de l’adversaire. Cette garde permet de frapper en avançant d'un seul pas (issoku itto).

  • La garde haute à gauche dans laquelle le pratiquant tient son shinaï au-dessus de sa tête (Jodan no Kamae ou Hidari Jodan no Kamae), pied gauche en avant.

  • La garde haute à droite (Migi Jodan no Kamae) identique à la précédente mais dans laquelle le pied droit est en avant.

  • La garde basse (Gedan no Kamae) semblable à la garde fondamentale mais avec la pointe du shinaï baissée au niveau des genoux de l'adversaire.

  • La garde Hasso no Kamae dans laquelle le combattant tient le sabre vertical sur le côté droit, la garde du sabre(Tsuba) à la hauteur des lèvres.

  • La garde Waki Kamae ou Waki Gamae dans laquelle le combattant dissimule son sabre derrière lui empêchant son adversaire d'en évaluer la longueur.

  • Seules les deux premières gardes (Chudan no Kamae & Jodan no Kamae) sont utilisées en compétition, les autres ne sont utilisées que pendant la pratique des katas. Pour la pratique à 2 sabres (nito) le combattant tient un shinaï dans chaque main : un long et un court. Il existe de nombreuses variantes de cette garde selon que le shinaï long est tenu de la main gauche ou de la main droite, selon la position des shinaïs(au-dessus de la tête ou non) et celle des pieds.

Les frappes

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Pratiquant utilisant la frappe Men


Les frappes : un coup n'est valable en kendo que lorsque le combattant exécute la frappe avec : du kiaï, de la détermination, une posture adéquate, la partie valable de son Shinaï (datotsu-bu (打突部)) correctement orientée sur une cible valable (datotsu-bui (打突部位)) de l'adversaire, de la vigilance à la suite de sa frappe (zanshin (残心)). La frappe valable (yuko datotsu (有効打突)) se voit attribuée un point (ippon (一本)) en compétition. L'évaluation du ippon par les arbitres est un exercice difficile. C'est pourquoi ces derniers sont au nombre de 3 et doivent être eux-mêmes des pratiquants expérimentés.

Les règles de combat

Les combats ou shiaï se jouent en trois points maximum (Sanbon shobu) à l'intérieur d'une aire de combat (shiai-jo) carrée de 11 m de côté. Le vainqueur est le premier à marquer deux points avant la fin du temps réglementaire, ou celui qui a marqué un point à la fin du temps. En cas d'égalité et en match individuel, une prolongation (encho) a lieu, sans limite de temps, jusqu'à ce qu'un des combattants marque un point. En combat par équipe, les matchs nuls à la fin du temps réglementaire ne donnent pas lieu à une prolongation, mais un combat supplémentaire peut avoir lieu entre des représentants des deux équipes à l'issue des combats si les équipes sont a égalité. Les sorties du shiai-jo, la perte du shinaï, les comportements violents ou inadaptés, sont sanctionnés par un avertissement (hansoku). Deux hansoku donnent un point à l'adversaire.

Les grades

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Participants alignés par grades


Il existe 2 classements : un pour les débutants, et un pour les pratiquants confirmés. Pour les débutants, les grades vont du 6ème (8ème au Japon) au 1er kyu (le plus élevé); pour les confirmés, du 1er au 8ème dan. Parallèlement aux "dan" il existe une échelle de titres d'enseignants: "Renshi", "Kyoshi" et "Hanshi", le titre de Hanshi (Maître) étant le plus élevé. Les titres sont délivrés sur examen écrit mais le candidat doit remplir un certain nombre de conditions dont le grade: 6ème dan au moins pour Renshi, 7ème dan pour Kyoshi et 8ème dan pour Hanshi. Les passages de grades se font lors d’un examen comprenant un exercice technique, le kiri-gaeshi, deux combats avec deux candidats différents, et une épreuve de kata ou selon le grade présenté, le candidat devra réaliser une partie ou la totalité des katas de kendo. Le jury est constitué d'examinateurs dont le nombre (4 ou 6) et le grade (minimum 5ème dan) est fonction du grade présenté. Le grade est octroyé à la majorité des voix du jury.